Petite piqure de rappel: La conduite en ville

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Important Petite piqure de rappel: La conduite en ville

Message par Alfi le Ven 1 Juin 2018 - 7:25

Conseils, trucs et astuces pour une meilleure sécurité de conduite en deux-roues dans les mégacités telles que Bruxelles, Paris et les grandes villes. Parce que rouler en moto en ville reste à la fois une épreuve qui demande une grande concentration, et un moyens de mieux vivre la mobilité urbaine, sans trop de stress.

Anticiper, voir et être vu
La conduite d’une moto résulte d’une série d’actions: observation de la route, identification et prédiction des problèmes potentiels, prise de décision et exécution de la manœuvre. De la bonne mise en œuvre de ces actions dépend votre survie. L’expérience aidant, votre habileté à exécuter ces cinq actions augmentera au point de devenir un réflexe conditionné.

Dans les mégacités et dans grandes villes en général, une règle : anticipez l’inimaginable !

Les automobilistes, les cyclistes, les piétons, les scooters, même certains motards… Tous sont de plus en plus énervés, inattentifs et irrespectueux.
Au moment où vous vous direz « non, il ne va pas faire ça !!! », vous pouvez être certain que si…

Anticiper, c’est :
- Prévoir si un véhicule va déboîter ou tourner, en observant son conducteur et l’orientation de ses pneus avant.
- Se dire, en approchant d’un feu, même au vert, qu’une autre voiture peut franchir le carrefour, sous-estimant votre vitesse.
- Garder un œil vigilant sur les véhicules qui vous entourent (devant, derrière, à gauche, à droite) d’où l’importance des rétroviseurs, bien réglés, et d’un regard mobile.
- Savoir se mettre à temps sur la bonne bande quand on sait que l’on va bifurquer et prévenir de sa manœuvre avec le clignotant et un contrôle visuel direct.
- À l’arrêt, surveiller le véhicule qui vous suit et observer en permanence les alentours pour esquiver un danger potentiel.
- Voir à temps le piéton, qu’il soit entre deux voitures ou à proximité de passages cloutés, d’où l’intérêt d’une position de conduite droite, d’un regard placé haut et loin.
- Prévoir les réactions des cyclistes, encore plus fragiles que vous et souvent encore moins respectueux des règles.
- Rester vigilant, même si vous connaissez le chemin par cœur.

Bref, c’est adopter une conduite défensive, être à l’affût des réactions des autres usagers.

Et pour bien anticiper, il faut rouler concentré !
Ne fixez pas votre regard sur quoi que ce soit. Ne regardez pas plus d’une seconde la pub pour de la lingerie fine, ni la blonde pulpeuse qui se remaquille avec sa jupe remontée jusque sur les hanches ! Ne vous focalisez pas sur les gadgets électroniques de la voiture d’à côté, ou la vitrine de votre magasin préféré, ou la super voiture de sport de vos rêves garée juste là.
Chaque fois que vos yeux quittent la route, vous prenez un risque.

Voir et être vu, c’est:
- S’assurer que les véhicules vous ont vu avant de les doubler, vérifiez que leurs rétros sont bien réglés en regardant si vous voyez la tête du conducteur.
- Se méfier des zones d’ombre (tunnels, ponts ect…), les yeux n’ont pas toujours le temps de s’adapter au changement de lumière.
- Préférez un écran de casque transparent plutôt qu’une visière fumée surtout le soir et fuyez les lunettes de soleil, impossible à enlever en une seconde.
- Utiliser tout ce qui est possible pour être vu et bien vu.
- Utiliser intelligemment (et légalement) son klaxon: non pas pour remonter une file, mais plutôt attirer l’attention d’un automobiliste distrait changeant de voie sans vous avoir vu.

En ville (et ailleurs), il faut partir d’un principe de base, votre moto est « invisible » des autres usagers.
Tous les moyens sont bons pour être vu : feux de croisements allumés (pas le feu de route) bien sûr, mais aussi le klaxon, les appels de phares, l’utilisation des clignotants (des warnings pour ceux qui en sont dotés), voire le blouson ou la chasuble ou le baudrier fluo.
Bien entendu, le risque de mal voir et de ne pas être vu redouble par temps de pluie ou de nuit.
De nuit sous la pluie, tout brille, tout scintille: risque multiplié par quatre !!

Sans compter que la ville regorge de pièges glissants: pavés, ralentisseurs, marquages au sol, plaques d’égouts, raccords de bitume, gravillons, plaques d’huile à proximité des pompes à essence., etc.
Ouvrez l’œil ! Evitez de prendre un angle important et gardez toujours la possibilité de redresser votre moto très rapidement pour la remettre en ligne.
Sur un revêtement glissant, on reste droit, on ne freine pas, on n’accélère pas et on ne change pas de rapport.

Conduire en ville, c’est aussi adapter sa vitesse aux circonstances, à la densité de la circulation.

Ensuite, respecter les distances de sécurité.
Non, ce n’est pas réservé aux autoroutes. C’est simplement un peu de distance entre vous et le véhicule qui vous précède, au cas où celui-ci freine brusquement.
Augmentez votre distance de sécurité en roulant TOUJOURS décalé par rapport aux voitures.
Cela laisse une chance supplémentaire d’éviter le véhicule qui vous précède s’il pile: vous pourrez vous arrêter à côté de lui et pas dans son pare-chocs.
Décalez-vous également autant que possible si vous devez piler (visez entre deux files, ou très à droite éventuellement, mais c’est plus risqué). Cela peut vous éviter de vous faire rentrer dans le derrière. Pour cela, apprenez à effectuer un évitement tout en freinant.

Positionnez-vous correctement sur la chaussée : occupez les trois quarts de votre bande de circulation.
Trop au milieu, vous donneriez l’opportunité à d’autres usagers audacieux de vous dépasser par la gauche en vous frôlant.
Trop à droite, vous risquez de voir s’ouvrir devant vous une portière de voiture.

Le conducteur doit adopter une position de conduite respectant l’équilibre naturel de la moto : garder les pieds bien appuyés sur les repose-pieds et les genoux serrés, le dos souple et droit, légèrement penché en avant, les mains proches des commandes et la tête relevée.
Il faut savoir réagir vite : à la main droite, gardez deux doigts sur le levier de frein et la pointe du pied au-dessus de la pédale. A la main gauche, gardez le pouce sur le klaxon et l’index sur l’appel de phares.
Veillez par contre à ne jamais laisser la pointe du pied sous le sélecteur de vitesse quand vous roulez : en cas de chute, il y a fort à parier que votre botte se retrouvera coincée à ce niveau.

Même si vous ne comptez parcourir quelques centaines de mètres, ne négligez pas vos protections. Il ne faut pas faire 50 km pour risquer un accident ou une chute: qui peut prévoir ce qui se passera au coin de la rue ?

N’oubliez pas qu’ici aussi, les pneus froids manquent d’adhérence. S’il fait frisquet et que votre moto n’a pas roulé depuis plus d’une heure, laissez environ cinq kilomètres à vos gommes pour monter en température. Dans la même logique, contrôlez la pression de vos pneus au moins tous les mois.

Les chutes sont fréquentes en ville, mais rarement graves car on n’y roule pas vite. On peut quand même se tuer ou tuer quelqu’un en ville, alors ce n’est pas une raison pour être imprudent. D’autre part, les dangers sont beaucoup plus nombreux, donc il faut redoubler d’attention.

Les autres véhicules et usagers

La voiture qui roule au ralenti
Danger potentiel ! C’est un conducteur qui cherche quelque chose (sa route, une place de stationnement, un magasin) et risque d’improviser: il peut brusquement changer de direction à tout instant, dès qu’il aura vu ce qu’il cherche, sans tenir compte de votre présence.
Un véhicule qui ralentit est toujours suspect !
Entre autres possibilités : il va tourner, faire demi-tour, se garer (s’il voit un piéton entrer dans une voiture en stationnement). Ou alors il a vu un obstacle qui nous est invisible et qui va surgir d’un angle mort (piéton traversant, descente d’autobus, feu passant au rouge ect…).
Idem pour une voiture au feu vert qui ne démarre pas, la doubler avec prudence. Le conducteur peut ouvrir sa portière mal fermée pour la reclaquer, ou jeter quelque chose par la fenêtre (cigarette, bouteille, emballage de burger ect…), ou il cherche son chemin.

La file de voitures stationnées
Surveiller constamment leurs roues et les feux de recul pour voir s’il y en une qui sort (toujours sans mettre son clignotant, bien sûr), surveiller les conducteurs et les passagers afin d’anticiper la portière qui s’ouvre. Si vous voyez quelqu’un dans une voiture stationnée, méfiance !

La file de voitures en déplacement
Attention à la voiture qui déboîte sans crie et gare. Lorsqu’il y a plusieurs files de voitures, évoluer le plus à gauche possible, c’est-à-dire entre la dernière et l’avant-dernière rangée de voitures.
Sur la petite ceinture, préférez la file de gauche, il y a moins de risque qu’une voiture située à votre gauche se rapproche brusquement de vous pour laisser passer un autre motard.
en ville, se méfier des changements inattendus de file, de direction, voire du demi-tour imprévu de l’automobiliste qui décide soudain de rebrousser chemin pour ne plus faire du sur-place. Idem à l’approche d’un bouchon.

Dépassement de voitures par la droite
Un automobiliste ne regarde JAMAIS dans son rétroviseur droit (déjà qu’il regarde rarement dans son rétro gauche). Et comme en plus, d’après le code de la route, vous n’avez pas le droit de doubler par la droite, une prudence exacerbée est recommandée.
Si vous voulez quand même vous risquer à remonter une file de voiture par la droite, ce n’est envisageable que si la file est arrêtée, et encore il faut faire gaffe aux portières qui s’ouvrent, aux piétons qui traversent entre les voitures, et aux piétons qui marchent au bord du trottoir en vous tournant le dos.
Encore une fois, 10 ou 20 km/h maxi selon la largeur disponible et les doigts sur le levier de freins.

Les piétons et les cyclistes
Ils regardent assez rarement avant de traverser et en plus, votre moto est plus petite qu’une voiture ; ils ne vous verront donc pas. Toujours avoir deux doigts sur le levier de frein.
A Bruxelles, faites très attention aux cyclistes dont beaucoup se croient tout permis, grillent allègrement les feux rouges et empruntent les rues en sens interdit. Nombre d’entre eux roulent sans casque et peuvent se faire très mal en tombant. Après cela, ils nous engueulent alors qu’ils étaient en tort.
Attention surtout aux petits vieux qui n’entendent plus très bien et qui traversent souvent en dehors des passages pour piétons.
Pour autant, il faut respecter les piétons et leur faciliter la vie. Avec les cyclistes, ils sont les seuls à être plus fragiles et plus vulnérables que nous. Appliquons-leur ce que nous réclamons des autres conducteurs de véhicules à moteur !
Autant pour notre sécurité et pour améliorer l’image des motards, laissons la priorité aux piétons sur les passages cloutés. Attention, je ne dis pas de leur accorder tous les droits, partout et n’importe quand ! Mais simplement, quand vous voyez un piéton qui a mis le pied sur le passage piéton et s’apprête à traverser, laissez-le passer, à condition bien sûr que l’éventuel signal pour les piétons soit au vert. S’il n’y a pas de feu pour piétons, accordez-lui le bénéfice du doute. Arrêtez-vous bien en évidence, au milieu de la rue pour bloquer les voitures qui arrivent derrière vous. Et regardez le piéton, faites-lui un signe de tête ou de la main, voire un petit sourire, pour lui montrer qu’il peut traverser sans crainte.
Beaucoup de piétons redoutent les motos, ils en ont peur, surtout les personnes âgées.

La pluie
Tous les dangers précités sont amplifiés, d’autant plus qu’un automobiliste voit encore moins bien et maîtrise encore moins son véhicule.
Encore une fois, faites attention à tout ce qui glisse encore plus sous la pluie : plaques d’égouts, bandes blanches, pavés.

Les endroits piégeux

Les priorités
Carrefours, ronds-points, stops, feux, sorties de parking… La priorité à droite existe pour tout le monde, sauf pour les motards.

Dites-vous bien que vous n’avez jamais la priorité, sauf celle de vous faire mal !

Les trottoirs
Apprenez à monter la bordure d’un trottoir : on se lève sur les jambes pour porter le poids sur les repose-pieds, on tire sur le guidon, on regarde loin, un bon coup de gaz, et hop ! Et surtout, on attaque à la perpendiculaire. Ne montez jamais un trottoir en biais, la roue avant pourrait riper. Risque multiplié par dix en cas de pluie ou de neige.

Les carrefours
Le lieu de la moitié des accidents !
Au carrefour, on est parfois tenté de tourner à gauche en accélérant fort parce qu’on a tout juste le temps de passer si une voiture vient en face. Avant de le faire, il faut être sûr d’avoir la place de s’engager dans la rue. Si on doit piler au milieu du carrefour, on passe d’abord pour un con parce qu’on bloque la circulation, et on peut facilement se planter en freinant brutalement dans une courbe négociée lors d’un démarrage brutal.
Rappel: on ne s’engage dans une intersection que si elle est dégagée.
Inutile d’aller augmenter la foule des crétins qui restent bloqués au milieu du carrefour parce qu’ils ont voulu gagner trois mètres tout en sachant bien qu’ils ne passeraient pas. Si chacun respectait cette règle élémentaire du Code de la route, la moitié des bouchons serait vite résolue J
Quand vous tournez à une intersection, n’oubliez jamais que vous allez passer sur un passage piéton, bien glissant quand il pleut avec de l’angle. Regardez où vous allez et s’il y a des piétons ou des chiens pour ne pas avoir à freiner en urgence.
Personnellement, je recommande de prendre tous vos virages très larges, à l’extérieur. Particulièrement pour tourner à droite à un carrefour. De plus en plus souvent, de voiture stationnent aux angles de rues, entre les passages piétons. Si vous prenez le virage à la corde, vous n’aurez aucune visibilité et pas le temps de réagir si un enfant, un chien, une poussette débouche de derrière le véhicule stationné.
Donc, n’hésitez pas à passer très au large, ce qui vous permettra de freiner avec la moto droite au cas où un piéton s’engage. Autre avantage, au lieu de passer sur les bandes larges avec de l’angle, vous pourrez passer droit et entre les bandes blanches.

Au feu rouge
Remontez la file, au moins un peu. Ne soyez pas le dernier. Si vous êtes le dernier (ou le seul), laissez de la place pour qu’une voiture puisse passer à côté de vous. Surtout de nuit. Surveillez vos rétros pour voir si un chauffard distrait ou bourré arrive à fond et risque de vous percuter par l’arrière.
Si vous n’êtes pas protégé par une voiture, restez en première ou gardez le pied sur le sélecteur et la main sur l’embrayage pour pouvoir démarrer très rapidement et vous pousser si une voiture arrive sur vos arrières.
Quand vous avez en partie remonté la file à l’arrêt et que ça bouche devant, vous êtes dans l’angle mort d’au moins une voiture. Essayez de voir si le conducteur vous a vu et ne va pas tourner en démarrant, au risque de vous mettre par terre. Attention si ce conducteur est au téléphone: même s’il vous a vu, il vous aura oublié au moment de redémarrer.

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Message par easylife le Ven 1 Juin 2018 - 7:50

sur le même thème :

Prévention : en auto, on pense moto

Une campagne québécoise sur la prise en compte des 2-roues

"C'est difficile de ne pas remarquer un motocycliste..."



La lutte contre l'insécurité routière est un enjeu mondial alors que les dernières données de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) font état de plus de 1.250.000 de décès sur les routes chaque année à travers le globe.

Face à cela, les pays s'engagent tous pour améliorer la sécurité des usagers, chacun à leur manière. Un des moyens privilégiés reste encore la prévention et la sensibilisation des conducteurs, mais là encore, le discours est bien différent selon son origine. Humoristique, moralisatrice ou même culpabilisante, la prévention revêt bien des formes.

Dernièrement, c'est la Société des Assurances Automobile du Québec (SAAQ) qui s'est illustrée en insistant sur l'importance de prendre en compte les motards sur la route. Le spot de prévention y montre le décalage entre l'attention que peuvent porter les gens sur les motards qu'ils croisent dans la rue et lorsque ceux-ci sont sur la route.

Soutenu par le slogan "en auto, on pense moto", la campagne a pour objectif d'inciter les automobilistes à redoubler d'attention. Pas de parti pris cependant, puisque la SAAQ intervient aussi après des motards pour que ces derniers se rendent plus visibles et adoptent des comportements sécuritaires.



http://www.lerepairedesmotards.com/actualites/2018/spot-prevention-routiere-moto-quebec.php

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Bonne route à toutes et à tous

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Important Re: Petite piqure de rappel: La conduite en ville

Message par hamburger1400 le Ven 1 Juin 2018 - 18:58

Indigeste de tels conseils . Rouler en moto grande ville ou pas réclamera plus de vigilance que les voitures quoique Rolling Eyes
Quant à la SAAQ si vous deviez adopter leurs conseils vous seriez bien dans la mouise. Je vais souvent là-bas et leurs conditions ne sont pas des plus enviables. A chaque fois que j'ai discuté avec des Québécois ils étaient surpris et envieux de nos conditions….
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Important Re: Petite piqure de rappel: La conduite en ville

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